Belge et fière de l’être… enfin la plupart du temps!

Atomnium

En ce 21 Juillet, Fête nationale des Belges, j’avais envie de vous parler patriotisme et surtout ce qui fait que je me sens belge… pour le meilleur et pour le pire!

Je viens du Sud et par tous les chemins… ou pas!

Pour moi, être belge est une forte revendication.

Souvent, on m’attribue d’autres nationalités. Je n’ai effectivement pas d’accent prononcé comme à Bruxelles ou à Liège – Serais-je donc française? A quelques kilomètres près! Je suis originaire de l’extrême sud de la Belgique au niveau des 3 frontières (Franco-Belgo-Luxembourgeoise). Quand je rencontre un compatriote et qu’on parle de mes origines gaumaises, soit on me considère comme ardennaise (et donc d’avoir grandi dans les bois, sans électricité et eau courante) soit je suis luxembourgeoise (pour la plupart des belges, la Belgique s’arrête en dessous du sillon Sambre et Meuse.

C’est comme si j’ai toujours du me défendre d’être belge.

Quand on est à l’étranger, on parle Français et donc nous devons expliquer que nous sommes belge et non français (et souvent, le regard de notre interlocuteur change en bienveillance). Aussi, dans notre pays, venant du sud (comme je viens de vous l’expliquer), je dois justifier que oui oui je suis belge, même si j’ai plus souvent été à Metz et Luxembourg que dans notre belle capitale (à l’époque vu que maintenant j’habite dans la banlieue de Bruxelles) et que la première fois que j’ai été confronté à du néerlandais, j’avais 19 ans!

Mais je dois avouer, que quand tu entends pour le nième fois « C’est quand même dommage d’être Belge et de ne pas parler néerlandais » (dans un contexte professionnel), je joue sur mon coté français/luxembourgeois pour m’en défendre « Ah oui, je sais, mais je suis pas belge en fait, je suis luxembourgeoise ». Ca passe toujours mieux! Dommage en même temps…

Les cultures belges

On ne peut pas parler d’un belge ou d’une culture belge. Quand nous sommes dans un pays aux 3 grandes cultures affirmées, (2 à connotations germanique et 1 latine) nous avons tout simplement en melting-pot de culture.

Chacun revendique son terroir et son identité à coup de Carnaval, de Ducasse ou de Bières! Saviez-vous que la Belgique compte plus de 800 bières brassés sur son territoire (et que le Belge en boit en moyenne 100 litres par an? L’Homme prend ma part car hélas, à part la pêcheresse, je ne bois pas de Bière.. quoi, il faut encore que je me défende d’être belge même si je n’aime pas la bière?).

Tant qu’on est dans le culinaire, non, la gastronomie belge ne s’arrête pas aux moules/frites ou au chocolat! Il y a aussi le speculoos, les mitraillettes samouraï et les pralines!

Bruxelles à les boules!

Je pourrais vous parler de ma fierté d’être né dans le pays des schtroumpfs (ou de la bande dessinée en général) ou encore le pays de Stromae, Angèle et Black Box Revelation. Que dire sur les films des frères Dardennes et de loin ,l’univers what the fuck de Jaco van Dormael? Dans le genre surréaliste, nous avons bien sur Amélie Notomb ou encore les tirades du fantastique Stephane de Grodt et autres humoristes/acteurs expatriés chez nos voisins! Et si ceci participe à mon attachement à mon pays, c’est sans aucun doute ces symboles qui font le plus d’écho en moi.

Dès que je l’aperçois, je ne peux m’empêcher de crier et de m’extasier. Ce symbole signifie tellement pour moi. Je parle de l’Atomnium!
Ma grand-mêre a été dactylographe dans son jeune temps et a travaillé à l’exposition universelle de 58! Ce monument, qui ne devait durer que le temps de l’exposition et qui est toujours là, se tenant majestueusement les boules…

Avant de me mettre avec l’Homme, nous avons passé plus d’une heure à l’admirer après une séance de cinema et avant de nous promener dans le centre de Bruxelles (j’essayais de lui montrer à lui qui est Bruxellois comme notre ville est magnifique). Et ce jour-là, nous ne nous sommes pas embrassés, mais j’ai su que c’était lui que je voulais et dès que nous avons un moment de down, je repense à nous en dessous de l’Atomnium et ce moment magique! Un non-date totalement surréaliste!

Difficile d’être pris au sérieux aux yeux de nos amis européens (et au-delà) quand le symbole de la Belgique est un ensemble de boules, un roi qui à l’air quand même un peu coincé ou un gamin qui pisse (Manneken-Pis) – d’ailleurs, si vous aimez les statues qui pissent, il y a Jeanneke-Pis et Zinneke-Pis aussi au centre de Bruxelles. Mais à coté, il y a les Red Devils / Flames / Lions / Panthers qui ne peuvent que rallier toute une patrie derrière eux!

Délier les langues

Etant le centre de l’Europe (enfin, vous voyez ce que je veux dire), on ajoute à ceci des cultures d’ici et d’ailleurs pour avoir un brassage culturel sans aucune comparaison. Bruxelles est multi-culturelle et multi-langue! Je ne parle pas ici des 3 langues nationales (Néerlandais, Français et la petite dernière qu’on oublie souvent : l’Allemand). Il suffit de se balader dans le métro Bruxellois pour entendre parler plus de langues que nulle part ailleurs. Anglais, Espagnol, Arabe, Suédois, Italien, Polonais parmi tant d’autres.

Mais vous entendrez aussi parler Brusseleir et le Français de Belgique. Il n’y a pas que sur le plan culturel qu’on ne se comprend pas parfois avec nos voisins français.

Effectivement, nous utilisons énormément de belgicismes dont certains sont connus comme à tantôt (à tout à l’heure) ou encore crolle (boucle). Par contre, d’autres sont tellement encrés en nous, que nous ne savons même pas qu’il s’agit de belgicismes: endéans, clignoteur, chatouiller).

Rien à voir avec la langue et les belgicismes, mais il y en a 2 qui me cause des soucis au quotidien: Tirette et Carrousel (ce serait un chouette nom d’entreprise ou de site).

Alors, comment une fermeture éclair (Tirette) pourrait me causer des problèmes? En Belgique, lorsqu’il y a des embouteillages et un rétrécissement des voies, le principe de la tirette est obligatoire. Les voitures de la voie principale doivent laisser passer les voitures qui s’engagent. Chacune en laisse passer une et cela forme une sorte de fermeture éclair. Jusque là, tout va bien! Sauf que moi, je retiens jamais que ceci s’appelle la tirette. Donc, pour moi, c’est le principe de la ceinture (ça reste au même niveau vous allez me dire)

Le deuxième, carrousel (un manège pour nos amis français) tient d’une incompréhension avec l’Homme. Je vous explique. On se baladait dans un centre commercial du nord de Bruxelles quand l’Homme me dit « oh tiens il y a un moulin ». Je cherche partout donc un moulin à eau, même un moulin à vent comme sur les plages de la mer du nord… nulle part. Je fais semblant de rien et je souris bêtement. Mais ceci me restait en tête. Où a-t-il vu un moulin? Puis il me dit, »ben oui, comme à la foire du midi, pour les enfants ». En fait, il appelle les carrousels des moulins. Et je trouve ceci tellement désespérant .

Surréalisme à la belge

Il ne s’agit pas d’art ici, mais plutôt tout ce qui me rend un peu triste d’être Belge. Tout ce qui fait qu’on se demande pourquoi?

Alors au début c’est marrant. Enfin la première fois! On a même enregistré un record (et pas celui d’être de pays le plus taxé d’Europe): 541 jours! Le triste record de jour sans gouvernement (depuis on a été battu par l’Irlande du Nord… mais quand même). Malgré que nous soyons les champions des négociations et des compromis, il y a ce petit truc, ces petits tensions Nord/Sud que nous ne pouvons gérer. A chaque élection, on parle d’indépendantisme, d’extrême et de confédéralisme. Et après chaque élection, il faut former un gouvernement…Le vote est obligatoire, mais la formation d’un gouvernement met une plombe (pour info, nous en sommes déjà à plus de 525 jours…).

Je ne fais pas de politique, et je n’aime pas en parler. Cependant, la politique belge est le meilleurs exemple de surréalisme, plus que les oeuvres de Magritte!

Il faut voir le positif, nous sommes passés de Leterme qui nous a chanté la marseillaise à la place de la brabanconne (on va pas lui jeter la pierre, personne ne connait les paroles mis à part Le Roi, La Loi, La Liberté!), en passant par le type au noeud papillon (Di Rupo), monsieur Patate (Charles Michel) a enfin une femme première ministre (dans un gouvernement temporaire mais quand même, elle gère la gonz!)!

J’irais où tu iras

Habiter en Belgique c’est comme habiter au centre du monde. Prenons Bruxelles, nous sommes littéralement à 1 heure trente de partout!
Une heure de Namur, Mons, Liège et de la mer. 2 heures de Paris et de Londres, 3 heures d’Amsterdam et de Luxembourg!

Un plat pays pas si plat que ca, un pays aux multiples facettes. Faire du Kayak à Durbuy, du shopping à Hasselt, du bateau à Bruges, grimper la citadelle de Dinant, …Etre partout en peu de temps c’est clairement un avantage. Il vous suffit de scanner Instagram en ce moment pour découvrir toutes les richesses qui sont à quelques pas de chez nous!

Puis, avec nos autoroutes éclairés, on nous voit même de la lune! Le monde est un village où la Belgique est une ruelle où il fait bon vivre!

Je me considère comme européenne, ou citoyenne de ce monde. Souvent, je ne trouve pas de sens au patriotisme. Alors la fête nationale belge, très peu pour moi. C’était sans compter sur 2020 qui fait de ce jour un jour particulier, au goût doux et amer.

Après la crise financière, la crise politique et maintenant la crise sanitaire! Pas de festivité d’envergure, de bal national ou encore de feux d’artifices. C’est comme si je ressentais un manque. « Comme si », parce que j’ai peur des feux d’artifices, je n’aime pas la foule et chaque année, je râle que les magasins sont fermés un jour où j’ai congé.

Je t’aime, moi non plus! A quoi bon fêter les belges, mais en même temps, c’est le jour où on peut être reconnaissant d’être en Belgique et repenser à l’Atomnium!

Des bisous et des pistaches!

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